PLAYLIST DE LA SEMAINE #10 – REPRISES.

Après quelques semaines d’absence, c’est la rentrée pour La Playlist de la semaine!
Et puisque c’est la reprise, j’ai décidé de consacrer la playlist #10 au thème de la… « reprise » !
Bon, ok, je sors…   😉
En tout cas, bonne écoute, bonne découverte et belle semaine à tous 🙂

1 – NEW YORK – Cat Power (2008) / Liza Minnelli (1977)

Chan Marshall, alias Cat Power, est l’une des chanteuses que j’aime le plus. Pour sa voix, son style, sa sensibilité. Je vous en avais déjà évoqué quelques mots lors de la première Playlist de la semaine dédiée aux femmes. En 2008, Chan a sorti son deuxième album de reprises intitulé Jukebox. Un petit bijou pour ma part. Et c’est donc sur celui-ci que l’on retrouve cette reprise de New York New York, complètement réarrangée, que j’adore. Rock, folk, soul, blues…la chanteuse propose ici une reprise surprenante, aux multiples ambiances; une balade parfois langoureuse, parfois berceuse, qui nous ferait presque oublier la version si connue et réputée de Sinatra. Les fans absolus du titre ou de Sinatra crieront peut-être au sacrilège, pour ma part, je ne me lasse jamais d’écouter cette reprise. Cat Power est tellement envoutante qu’on pourrait croire que cette chanson est l’une de ses propres compositions.
Mais rappelons que ce titre fut interprété pour la première fois par Liza Minelli en 1977, et qu’il est le thème phare du film New York New York de Martin Scorsese. Frank Sinatra reprendra la chanson et en modifiera quelques paroles quant à lui en 1979.

Reprise :

Originale :

2 – JAMES BLAKE – Limit to your love (2010) / Feist (2007)

En 2010, James Blake, alors encore peu connu du public à l’international, commence à se créer un chemin vers le succès avec cette reprise magnifique de Limit to your love, qu’il propose en EP, avant que celui-ci n’apparaissent plus tard en 2011 sur son premier album éponyme.
Alors que sa reprise commence avec la même harmonie et mélodie que l’originale de Feist, le titre dévie très vite dans un univers très différent et très personnel à l’artiste britannique.
Avec ces silences qu’il laisse après chaque couplet, interrompus quelques secondes plus tard par une basse grave, le jeune prodige arrive à créer une tension douce, et l’impatiente attente de la note suivante. Dès lors, le morceau bascule vers un mélange envoutant d’électro soul minimaliste et de dubstep. Une mouture nouvelle, étonnante, mais qui prend immédiatement. Lentement, agréablement, on se laisse emporter par la voix mélancolique de Blake, parfois presque vulnérable, mais qui soulève à merveille cet univers magnétique, intense, qui souffle entre le chaud et le froid.

Reprise :

Originale :


3 – SUMMERTIME – Scarlett Johansson (2006)
/ George Gershwin (1935) – Abbie Mitchell

Summertime est un de ces standards à avoir traversé années et générations, sans jamais qu’on ne s’en lasse. Grand classique, avec plus de 79000 reprises à son compte si l’on en croit les collectionneurs, le titre fait partie des plus repris au monde. Écrit en 1935 par George Gershwin pour l’opéra en trois actes « Porgy and Bess », Summertime est interprété pour la première fois dans le premier acte par le personnage de Clara pour endormir son enfant.
En 1936, Billie Holiday est la première à rencontrer un énorme succès dans les charts US avec ce titre. Puis, parmi les artistes à l’avoir interprété, beaucoup beaucoup de grands noms de la musique se sont succéder par la suite, et ce, tout genre confondu : Ella Fitzgerald, Janis Joplin, Chet Baker, Miles Davis, Barbara Hendricks, Nick Drake… pour ne citer qu’eux bien sûr.

Ici, c’est la version de la talentueuse Scarlett Johansson que je vous propose de découvrir. Et pour vous dire la vérité, il s’agit sans doute de l’une des reprises de ce titre que je préfère.
Tirée de l’album « Unexpected Dreams – Songs from the stars » (2006), (une compilation de berceuses et musiques douces sur le thème du rêve, chantées uniquement par des acteurs et actrices), cette interprétation de Summertime a permis au public de découvrir pour la première fois les talents de chanteuse de la belle américaine. Avec sa voix suave et légèrement rauque, l’actrice de Lost In Translation réussit à nous bercer et nous transporter avec cette adaptation jazz très onirique et pleine de charme.
Un physique à tomber, une carrière d’actrice confirmée, une voix en or…cette fille aurait-elle donc tout pour elle ? 😉

Reprise :

Originale : ici !


4 – HEARTBEATS – José Gonzáles (2003)
/ The Knife (2002)

En 2003, le duo suédois The Knife livre le premier single de son deuxième album : il s’agit du titre Heartbeats.  Bien reçu puisqu’acclamé par la critique à l’époque, le titre se fait redécouvrir en 2005 grâce à Sony qui l’utilise pour l’une de ses publicités. Seulement voilà, dans le spot publicitaire, ce n’est pas le morceau original que l’on entend, mais une reprise. Celle-ci est interprétée par l’artiste José Gonzales, suédois également. Présent pourtant sur son premier album Veneer qui date de 2003, le titre ne rencontrera son vrai succès qu’après que la pub Sony a fait le tour du monde. Pour Gonzáles, c’est une nouvelle notoriété internationale qui commence alors. Plus douce, cette version acoustique et folk, qui se démarque totalement de l’originale, quant à elle très électro pop, s’adapte à merveille à la chanson d’amour.

Reprise :

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5 – RUNNING UP THAT HILL – Placebo (2003) / Kate Bush (1985)

Kate Bush. Icône des années 80 et 90. Artiste unique, dont beaucoup se sont inspiré, elle reste cependant aujourd’hui encore inimitable.
Loin d’être une fan de Placebo, j’apprécie tout de même quelques uns de leurs morceaux. Parfois, cela ne se contrôle pas, on est comme happé par un son, une mélodie, un morceau. C’est le cas ici pour moi avec cette reprise obsédante de Running Up that Hill que propose le groupe londonien. Déjà fortement séduite par la version originale, je dois dire que je suis également très touchée par cette version de Placebo.
Si Kate Bush apportait une touche plus « dynamique » et lumineuse à ce titre, il est vrai que Placebo en délivre une interprétation plus sombre. Le temps, les époques, font que les artistes reprenant des standards de la musique approchent et s’approprient forcément ces titres de façon différente. C’est toujours un risque de s’attaquer à des légendes ou des icônes de la chanson, d’en reprendre le répertoire, c’est même bien souvent critiqué, mais  il arrive aussi que certaines reprises soient aussi réussies et touchantes que pouvait l’être la version originale.
Entre Kate Bush et Placebo, l’atmosphère n’est pas la même. Et je pense que le contexte dans lequel vous écouterez l’une et l’autre jouera sur vos émotions et ressentis; et donc vos préférences.

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6 – HALLELUJAH – Jeff Buckley (1994) / Leonard Cohen (1984)

Y-a-t-il encore quelque chose à dire au sujet de cette célèbre et magnifique reprise ?
Aujourd’hui encore, personne n’a réussi à égaler l’envolée lyrique de Jeff Buckley.
Maintes et maintes fois reprises aujourd’hui dans les télés crochets, beaucoup de jeunes doivent sans doute associer Hallelujah directement à Jeff Buckley, sans savoir que celle-ci est en fait une chanson écrite et interprétée pour la première par Leonard Cohen en 1984.
Version la plus connue, la plus entendue, celle de Buckley est devenue avec le temps, c’est vrai, la version de référence qui prime sur l’originale.
Avec un tel succès et un tel mythe autour de cette reprise, je comprends qu’il soit peut-être devenu insupportable pour certaines personnes d’entendre encore cette chanson. Et pour être honnête, il m’est arrivé d’en faire partie. D’avoir eu la sensation de l’avoir trop entendue.
Mais voilà, cette reprise, cette interprétation de Buckley, si envoutante et profonde, ne me laisse pourtant au final jamais indifférente. C’est, tout simplement, beau.
Et aux jeunes générations qui découvrent aujourd’hui Jeff Buckley via cette reprise, je leur souhaite d’aller plus loin dans leurs écoutes, et de continuer à découvrir son répertoire, ainsi que ceux d’autres grands artistes. J’espère qu’ils feront de belles découvertes et qu’ils tomberont amoureux d’artistes qu’ils n’ont pas connus. Et je compte sur eux pour perpétuer la transmission de nos légendes les plus grandes.

Reprise :

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7 – HURT – Johnny Cash (2002) / Nine Inch Nails (1994)

Écrite par Trent Reznor du groupe de rock industriel Nine Inch Nails en 1995, Hurt est reprise par le célèbre Johnny Cash en 2002. Alors agé de 70 ans, le chanteur réadapte de façon magnifique le titre. Immédiatement, sa version est saluée par la critique et le public est conquis. Avec des paroles qui semblent avoir été écrites pour lui, Cash émeut et bouleverse. Chanson très sombre, qui fait tristement échos au passé tumultueux de l’artiste, Hurt sera aussi l’une des dernières qu’il interprétera, puisqu’il meurt à peine un an après l’avoir dévoilée. Alors qu’il parle de la vie courte, du temps qui passe et de la mort, le clip, mélancolique, sonne comme une rétrospective de sa vie ; un sentiment amplifié par le clip très émouvant qui l’accompagne et qui fut réalisé par Mark Romanek.
Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, je vous conseille vivement de regarder le film Walk the line de James Mangold, un biopic qui retrace le parcours et la vie de Johnny Cash. Au casting : Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon.

Reprise :

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8 – GIMME SHELTER – Ruth Copeland (1971) / The Rolling Stones (1969)

Je n’avais jamais entendu parler de Ruth Copeland jusqu’à ce que je tombe sur quelques titres d’elle il y a six ans en me promenant sur Youtube. Découverte avec le titre Play with Fire (une reprise des Stones également), je m’étais prise alors une bonne petite claque. Cette chanteuse britannique, qui a beaucoup collaboré avec George Clinton et Parliament-Funkadelic dans les années 70 s’est malheureusement retirée du business assez tôt dans sa carrière, après trois albums solo réalisés entre 1971 et 1976. Les informations concernant sa vie personnelle ou artistique sont depuis très peu nombreuses. Avant de disparaître de la scène, cette dernière aurait emménagé avec Sly Stone, c’est à peu près la dernière info que l’on peut trouver lorsque l’on cherche à en savoir un peu plus sur la biographie de l’artiste.
Sa voix, rock et puissante, son énergie, font bien évidemment penser à Janis Joplin, mais dans un style légèrement différent, puisque la demoiselle est plutôt considérée comme l’une des premières artistes féminines du P-Funk.
Ici, je vous fais découvrir sa reprise de Gimme Shelter. Durant 8 minutes, Ruth Copeland envoie vraiment du lourd! J’a-dore!

Reprise :

Originale :

9 – NO DIGGITY – Chet Faker (2012) / Blackstreet feat Dr Dre (1996)

Un peu comme James Blake, c’est avec une reprise que le barbu Chet Faker (de son vrai nom Nick Murphy) se fit connaître en 2012. Avec son interprétation inattendue du tube des années 90 No Diggity du groupe Blackstreet, l’australien originaire de Melbourne a surpris mais surtout charmé immédiatement la blogosphère.
Enregistré en 2011 à la cool pour ses potes, sa reprise n’avait pas pour but d’être prise au sérieux, a plusieurs fois confié l’artiste polyvalent. C’était sans compter l’encouragement et la bienveillance de son entourage qui a eu la bonne idée de l’aider à diffuser le titre sur internet. Partagée à une vitesse fulgurante à travers les réseaux sociaux, la reprise apparaît par la suite en 2012 sur Thinking in Textures, son premier EP. Ainsi s’établit la renommée de Faker.
Cette reprise, à l’ambiance électro-soul, est aussi élégante qu’entrainante. À son écoute, on a juste envie de se mouver tout doucement ou de « chiller » tranquillement. Le tempo, la voix chaude de Murphy posée sur des arrangements électro minimalistes, invitent au lâcher prise. À la fois rythmé et langoureux, juste comme il faut, c’est tout simplement voluptueux. Une belle performance délicate et tendre, pour celui qui de part son pseudo rend hommage au trompettiste Chet Baker.
Enjoy   😉

Reprise :

Originale :

10 – LA VIE EN ROSE – Grace Jones (1977) / Marianne Michel (1945) Edith Piaf (1946)

Lorsque l’on évoque Edith Piaf, on s’attaque forcément à l’un des monuments de la chanson française, et à l’un de ses plus beaux héritages. Critiquer ou venir confier que l’on n’est pas forcément fan de la dame peut être alors incompris ou mal vu. S’il y a des chansons que j’apprécie dans le répertoire immense de la môme Piaf, et bien je dois avouer que La vie en rose, contrairement à la majeure partie de ses admirateurs, ne fait pas partie des titres que j’apprécie le plus. Je sais, je sais…beaucoup diront que cette chanson, interprétée par Piaf est intouchable.
Et pourtant. Je ne peux dire à quel point j’aime cette version rythmée de l’extravagante Grace Jones. Je la trouve tout simplement géniale. Plus joyeuse, elle donne envie de chanter, de danser, de célébrer la vie. Et je trouve cette version beaucoup plus intemporelle que l’originale.
Les envolées de Jones sont juste con-ta-gieuses!
« OooooooooooooooohhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhh, la vie en rose, la vie en rose, la vie en rose, la vie en rose, aaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhh … »   😉

Reprise :

Originale :

Et vous, quelles versions des ces titres préférez-vous ? Et plus en général, y-a-t-il une reprise que vous aimez particulièrement ?
N’hésitez pas à partager vos coups de coeur!

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