PLAYLIST DE LA SEMAINE #1 – WOMEN

Pour cette première Playlist de la semaine, j’ai eu envie de consacrer 10 titres aux voix féminines. Du folk, de la pop, de la soul et du rock, j’espère que vous apprécierez la sélection, et qui sait, que vous ferez d’agréables découvertes.
Bonne semaine à toutes et tous et surtout, bonne écoute 😉

1 – Joni Mitchell – Talk to me (Don Juan’s Reckless Daughter, 1977)
Je ne peux pas prétendre  » connaître  » la discographie ou la biographie de Joni Mitchell. Mais je connais la femme, l’icône ; le visage d’une époque musicale bien marquée par la différence des genres. Je ne saurai dire comment j’ai découvert pour la première fois ce titre, mais il est devenu un coup de coeur immédiat. La guitare folk, le rythme, le ton et la conviction que Mitchell met dans ses paroles, l’énergie qu’elle insuffle aux mots, l’histoire qu’elle conte tout simplement. Une petite perle que j’aime réécouter régulièrement.

2 – London Grammar – Hey now (If you wait, 2013)
Je pense que j’ai découvert la musique du groupe London Grammar un peu après tout le monde. J’avais bien lu leur nom, vu passer pas mal d’articles ou de posts qui leur étaient consacrés pendant une bonne période, mais je n’avais pas fait la démarche d’écouter. Sans doute parce que depuis l’émergence des réseaux sociaux et des plates formes musicales, les médias ont tendance à faire chaque semaine d’un nouveau groupe ou artiste, la nouvelle sensation à ne pas manquer. Tant de groupes, tant d’artistes, qu’on ne sait plus à qui donner la priorité de notre attention. 

Finalement, c’est pendant l’hiver 2014, alors que j’habitais à Montréal, que je me suis décidée à écouter le premier album du groupe. Coup de coeur immédiat ( oui, encore une fois ! )
Comment ne pas succomber à la voix d’Hannah Reid, la chanteuse du groupe ? J’en ai passé des journées bien froides à me réchauffer l’âme et le coeur avec cet album. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je vous invite vraiment à découvrir London Grammar.
Vous avez de toute façon déjà certainement bien souvent entendu « Hey now » ne serait-ce qu’à la télévision, puisqu’il s’agit du titre que l’on entend dans la fameuse pub « Dior j’adore ». Vous savez, celle où Charlize Theron grimpe un ruban d’or grâce à ses jambes d’1m50 😉
Au passage, je trouve très dommage qu’ils aient remanié le titre pour la pub. Cela dénature complétement le charme de l’original ; alors tenez-vous en à l’album! Ou aux lives du groupe qui, à coup sûr, vous donneront des frissons!

3 – Hindi Zahra – Any Story (Homeland, 2015)
C’est en écoutant Radio Nova en juin 2015 que j’ai entendu pour la première fois la voix de la chanteuse marocaine Hindi Zahra.  » Any story  » était le titre qui passait alors. 

De temps à autre, il y a des morceaux qui vous tombent dessus, comme ça, par hasard, auxquels on accroche ou s’accroche tout de suite, desquels on ne se défait plus, et c’est sans doute en cela que réside tout le pouvoir de la musique. Le plaisir et l’excitation de la découverte. 
Et puis, parfois, on ne décroche tellement plus du morceau, que l’on vient à se demander s’il nous est réellement tombé dessus par « hasard ». Comme lorsqu’on l’écoute en boucle, parce qu’on a l’impression qu’il s’adresse à nous. Parce que la mélodie, les paroles, vous touchent, vous parlent, au point que vous en tirer vos propres images, votre propre film, dans lequel, consciemment ou non, vous vous réfugiez, ou vous confortez. Parce que ce morceau, arrive à un moment particulier de votre vie. 
Sur  » Any Story « , je suis certaine que vous serez charmé par la douce voix de la chanteuse marocaine. L’histoire qu’elle nous conte a beau être quelque peu mélancolique, la mélodie, qui elle reste légère et envolée, finira de vous séduire.
Dans cette chanson, Hindi Zahra nous parle d’amour, et semble souhaiter retrouver les premières joies et émotions qu’il procure. Nous narre-t-elle l’histoire d’une rupture? Celle d’un couple qui va mal ? D’une femme nostalgique d’un amour passé ? Quoiqu’il en soit, ses paroles sonnent ici comme une confession dont elle nous honorerait. La révélation de blessures, d’une nostalgie, et d’envies.
Je dois avouer que j’aime aussi beaucoup le clip qui accompagne ce single. En noir et blanc, élégant et tout en contraste, entre ombre et lumière. On pourrait imaginer qu’il cherche à mettre en image les turbulences du coeur de la chanteuse. Où les émotions se mélangent : où celles qui veulent être retrouvées s’entremêlent à celles qui voudraient être effacées.

4 – Cat Power – Ramblin’ (Wo)man (Jukebox, 2008)
Cat Power, de son vrai nom Chan Marshall, est l’une de mes artistes favorites. 

Chez elle, tout me plait. Son grain de voix, parfaitement voilé, sa musique, son style, son univers, sa sensibilité, sa discrétion… C’est une artiste qui me touche beaucoup. Vous savez, ce genre de personnalités dont on se sent comme proche, alors que l’on ne les connais pas. Je pense que si l’on est aussi profondément touché par l’oeuvre d’un artiste, qu’il soit chanteur, peintre, photographe… c’est qu’on doit se reconnaître un peu soi-même dans sa personnalité, ses propositions.
Le premier album que j’ai découvert de Cat power, est je pense celui qui est le plus connu du grand public : The Greatest, sorti en 2006. Un peu avant que le titre éponyme et phare de l’album ne fasse partie de la bande originale du film My Blueberry Nights (Wong Kar Wai).
Cet album, je l’ai écouté, écouté, et écouté. Sans jamais m’en lasser. Il est lié à de nombreux souvenirs, qui remontent à mes années d’études passées à Cannes, alors que j’étudiais le journalisme.
J’aurais pu intégrer « The Greatest » dans la playlist, mais j’ai préféré y glisser un titre peut-être un peu moins entendu. « Ramblin'(Wo)man » fait partie de l’album Jukebox (2008), qui est en fait un album de reprises. Pour ce titre, Cat Power s’est appropriée et a réarrangé le titre original « Ramblin’Man«  de Hank Williams. Une belle réinterprétation et un beau succès.

5 – PJ Harvey – We Float (Stories from the City, Stories from the Sea, 2000)
Polly Jean Harvey, Pj Harvey… Stories from the City, Stories from the Sea : un album parfait, qui, à mon sens, n’est fait que de réussites. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a reçu le prestigieux Mercury Music Prize et que le magazine Rolling Stone l’a classé 8ème meilleur album de rock féminin.

Oui, car Pj Harvey, c’est avant tout du rock électrique comme on l’aime. Et c’est avant tout ce qui m’a plu sur cet album que j’ai découvert en 2005, par le biais d’un camarade de classe.
 » Big Exit « ,  » A place called home « ,  » This is Love « , ce sont sans doute les titres que j’ai le plus écoutés sur cet album, car les plus rock, et que j’aurais tout autant aimé vous présenter ici. Mais Stories from the City, Stories from the Sea est un disque intelligent qui arrive avec brio à représenter différents genres et branches de ce qu’on appelle le rock.
Par cohérence pour cette playlist, j’ai donc préféré mettre en avant la dernière chanson de l’album, « We Float ». Un titre plus doux, plus lumineux, que j’espère vous apprécierez.
« we float, take life as it comes ».

6 – Lana Del Rey – Fucked my way up to the top (Ultraviolence, 2014).
Lana Del Rey ? Je vois déjà certaines personnes de mon entourage s’étouffer avec leur verre de vin ou leur bière, et se demander si c’est bien moi qui ait volontairement, consciemment, avec consentement, introduit ce titre dans la playlist de la semaine. Pourquoi auraient-ils cette réaction vous demanderez-vous ? Et bien, parce que je dois avouer qu’au tout début du buzz qui a entouré la new yorkaise, j’ai fait partie de ces gens qui, comment dire, hum…la détestait?  Oui, c’est ça, jusqu’aux bout des ongles (les siens), elle m’insupportait. Je ne supportais ni Lana Del Rey, ni le buzz énorme et incompréhensible qu’en faisait les médias. Alors j’en vois déjà certains qui doivent sourire et penser que j’ai bien retourné ma veste. Bon, remettons tout de suite les choses à leur place : oui, il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis, mais non, je ne suis pas devenue une fan absolue non plus! Hum…dit la fille qui essaye à tout prix de justifier son choix 😉
Alors c’est vrai, si je n’ai jamais écouté aucun de ses albums en entier, j’avoue avoir été prise au piège par certaines de ses compositions.
 » Fucked My Way Up to the top « … la première chose qui surprend, c’est bien évidemment le titre, et la question que l’on se pose directement : Elizabeth Grant, de son vrai nom, nous ferait-elle une réelle confidence sur la façon dont elle a réussi à s’imposer avec une telle fulgurance dans les charts ? En d’autres termes, la chanteuse serait-elle entrain de nous confier qu’elle a couché pour réussir ?
Les médisants (comme j’ai pu en faire partie) aimerait que ce soit le cas. Et pourtant, même si l’artiste s’est aventurée sans pudeur à quelques confessions lors d’interviews, il n’en est pourtant (presque) rien.
Sur ce titre, Lana Del Rey n’en finit pas de se jouer de nous, c’est à dire, du public, des médias, des critiques, et des haters (hum). Avec ses airs de diva, toute en assurance, Del Rey joue avec tous les codes de l’impertinence et de la désinvolture. On pourrait croire que le star système lui ait définitivement monté à la tête, tant elle exalte en provocatrice, et pourtant… Et pourtant, dans ce titre, rien n’est à prendre au premier degré. Comme elle l’a expliqué lors d’une interview, cette chanson représente la façon dont selon elle le public la perçoit, suite à son ascension fracassante dans le monde de la musique. Il s’agirait donc ici d’un règlement de compte et d’une mise au point sous forme d’ironie et de cynisme. Si elle avoue sans rougir qu’elle a couché avec pas mal d’hommes faisant partie du métier, elle souligne et affirme qu’aucun d’eux ne l’ont aidé à franchir les étapes du succès…
Quoiqu’il en soit, son titre a fait son petit effet sur moi, et on peut dire qu’elle a réussi son pari, à savoir, envouter l’auditeur tout en se jouant de lui.

7 – Selah Sue – Just because I Do (Selah Sue, 2011)
Lorsque le titre « Raggamuffin », de l’album éponyme est sorti en 2010, je n’ai pas du tout adhéré à ce que j’entendais. Quelque chose de trop  » reggae  » pour moi. Oui, à part quelques grands morceaux de Bob Marley, je ne sais pas pourquoi, mais le reggae me stresse. Allez comprendre… Je n’ai jamais trop réussi à me plonger dans l’univers de ce genre musical. Et alors que Selah Sue choisissait de sortir « Raggamuffin » comme premier single de son deuxième album, et bien je suis passée complètement à côté. Sans même m’intéresser à ce que ce nouvel opus pouvait contenir d’autre.
Et puis… oui parce qu’il y a toujours un  » mais  » ou un  » et puis « , il y a eu cette pub. Oui, cette très belle pub pour un parfum d’Yves Saint Laurent, dont la muse n’était autre que la sublime Jessica Chastain (ne pas me lancer sur le sujet car il s’agit là de l’une de mes actrices favorites. Je ne saurai dire à quel point j’admire son travail, son jeu, ses choix de carrière…bref, vous l’aurez compris, je l’estime tout autant qu’une Meryl Streep ou une Julianne Moore pour n’en citer que deux).
Alors à l’époque où a commencé à être diffusée la pub, la présence seule de Jessica Chastain a forcément suffit à me la faire apprécier. J’ai trouvé le spot publicitaire très réussi, et puis, je me suis surprise à tendre l’oreille, piquée de curiosité par le morceau qui avait été choisi pour accompagner l’ensemble. Il y avait à la fois quelque chose d’électrique, de sensuel et de mystérieux, et tout cela m’a donné envie d’en savoir plus sur l’interprète. Comme des millions de personnes, j’ai donc utilisé l’application indispensable et magique qu’est Shazam. Ce fut je dois l’avouer une vraie surprise de découvrir que le morceau qui m’avait autant intrigué était en fait un titre de Selah Sue. Je ne m’attendais pas du tout à cela. C’est ainsi que j’en ai appris un peu plus sur l’artiste, et que j’ai découvert que la chanteuse belge, belle blonde aux yeux bleus, s’inspirait en fait de tous les styles. Du reggae à la soul en passant par le trip hop ou le dubstep, Selah Sue arrive à délivrer sa voix légèrement éraillée et chaude sur différents genres musicaux avec force et talent. Inspirée par Erykah Badu, Nneka ou bien encore Meshell Ndegeocello, Selah Sue n’a que de bonnes références. 
Sa réussite est telle, qu’elle réussit d’ailleurs admirablement à séduire Prince, qui ira jusqu’à l’inviter à faire sa première partie lors de son concert à Anvers en novembre 2010.
 » Just Because I do «  est un morceau électrique comme je les aime, qui sait jouer avec les nuances ; dont le son est d’ailleurs pour moi en parfaite osmose avec les paroles, elles aussi imprégnées de chaud et de froid. Ici, la chanteuse brise ses chaînes, extériorise ses sentiments torturés et livre sans plus aucune pudeur ses émotions les plus tourmentées à l’être aimé.

8 – Abbe MayMammalian Locomotion (Design Desire, 2011).
Petit morceau bien sympa d’une chanteuse australienne que je ne connaissais pas, jusqu’à ce que je « shazame » (du verbe shazamer?) une nouvelle fois un titre intriguant à la fin d’un épisode de la série Entourage. (Ah, Ari Gold, we miss you!)

9 – The Dead WeatherI can’t hear you (Sea of Cowards, 2010)
Je sais que The Dead Weather est un groupe (que j’adore), mais Alison Mosshart, ALISON MOSSHART… On en parle ou pas ?
Alison Mosshart, c’est l’un de mes crushs féminins, assumé. Et je crois que je suis loin d’être la seule. Cette femme, c’est de l’électricité pure, alliée à une douceur et une pudeur personnelles.

Que dire de cette voix ? Rageuse, rocailleuse, fougueuse, comme hantée : captivante à souhait en somme.
J’ai eu la chance de voir Alison Mosshart en concert avec les Dead Weather lors des Eurockéennes de Belfort en 2010. C’était juste… énorme ! Que serait The Dead Weather ou The Kills sans Alison Mosshart ? Il faut absolument la voir sur scène pour se rendre compte de sa fougueuse prestance. Contagieuse. Une véritable déité transportée. Et une allure… Une rockeuse moderne, sans chichi, à qui on jalouse les paires de boots et les t-shirts troués. Ses blousons de cuir ou ses bijoux.

 » I can’t hear you « , c’est le morceau qui vous fera suer et chavirer. Sauvage qu’il est, autant que le sont son interprète et ses intentions. On y parle ici de jeux amoureux, et c’est trivial et sexy. C’est la femme qui veut attirer un homme qu’elle ne comprends pas, ou dont elle n’aime pas le comportement, mais qui malgré tout l’attire. Elle veut remettre les choses à leur place, assurée, elle convoite une (re)prise de pouvoir.
Elle commence par un reproche, puis décide de prendre le dessus, les choses en mains ( » I’m gonna tech you « ). Les guitares crissent, la voix de Mosshart explose, et le morceau finit par vous posséder. La femme a réussi ici son pari (  » I wanna keep you for myself « ) …

10 – Sharon Jones and The Dap-KingsI learned the hard way (I Learned The Hard Way, 2010).
Et pour finir cette playlist, un peu de soul. Tout aussi moderne qu’un brin rétro, la voix de Sharon Jones vous emportera forcément. Le rythme du titre est entrainant, irrésistible (grand respect au backing band The Dap-Kings) et les paroles immédiatement entêtantes, tant Sharon Jones nous relate avec force et conviction une mésaventure amoureuse; celle d’une femme qui découvre que son homme la trompe. La chanteuse y règle des comptes et y confie une profonde déception. On ne sait s’il s’agit d’une anecdote autobiographique, mais quelque chose nous dit que la femme concernée par cette histoire ne sortira de cette expérience que plus forte. C’est du moins ce que l’on a envie de croire, à l’écoute de cette histoire chantée avec tant d’intensité, de puissance et d’intelligence.
En septembre dernier, Sharon Jones a malheureusement annoncé qu’elle luttait de nouveau contre un cancer du pancréas. Nous lui souhaitons beaucoup de courage et de force dans cette bataille.

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