A MA VILLE D'ADOPTION, DE COEUR : NICE…

Promenade des anglais, Nice - 2010. Commune Présence / Marine Leroy

« A ma ville de coeur, d’adoption, Nice. 

A l’agence de presse dans laquelle je travaillais sur tes collines, j’ai vu l’horreur, souvent. Dans les bureaux de celle-ci, j’ai vécu une journée de 7 janvier 2015 assourdissante, effroyable. Ainsi qu’un soir de 13 novembre horrible, atroce, terrassant…traumatisant. Des faits divers impensables, des carnages, des guerres… des images qui marquent, j’en ai vues. Beaucoup. Trop.

A mesure que les jours passaient, ce transfert qui s’établissait, et cette peur, toujours un peu présente, de sortir sans crainte. 
Alors que la jeunesse scandait qu’il fallait continuer à vivre normalement, j’avoue avoir mis du temps à me défaire du traumatisme du Bataclan.
Je me souviens d’avoir plusieurs fois fait pas en arrière devant les Galeries Lafayette par exemple après les attentats. Et m’être dit, qu’on ne pouvait plus, qu’il n’était plus possible, de penser que rien ne pouvait nous arriver. Il était devenu clair dans ma tête, malheureusement et tristement, qu’on ne pouvait plus aller nul part sans avoir la certitude d’en revenir vivant. La réflexion est aussi affreuse que douloureuse.
Et pourtant, ce soir, la réalité, l’actualité, devient de nouveau dramatique. Et les images, de nouveau insupportables…

Je me souviens du 14 juillet 2015, où j’étais sur cette belle Promenade des Anglais, il faisait chaud, bon. Avec ma copine et collègue Soufia, nous étions venues prendre l’air, après une longue journée de travail, et, comme beaucoup de niçois et de touristes, venues admirer le feu d’artifice du soir. Je me souviens de notre impatience de le découvrir, et de notre grande déception après le final. Nous nous attendions à un feu d’artifice magnifique, à de jolies couleurs, à des feux originaux et étincellants, qui éclaireraient la mer, sombre la nuit. 
Malheureusement, nous avions trouvé le spectacle carrément bâclé, pour ne pas dire abusé. Je me souviens que nous avons alors évoqué nos impôts…
Puis, je suis rentrée chez moi, à deux minutes à pieds de là, m’arrêtant juste au passage pour acheter une glace, comme « lot de consolation. » Il fallait bien trouver une excuse.

Ce soir, je n’étais pas à Nice. Je ne sais donc pas si le feu d’artifice était beau. 
En tête, je n’ai qu’une chose : savoir si mes amis, mes collègues, sont sains et saufs, ainsi que leurs entourages. J’attends encore des réponses à certains messages envoyés…

Et, alors que je pleure Nice ce soir, que je pense aux victimes et à leurs familles, que je suis sous le choc, je repense à ce 14 juillet 2015, et je suis sûre d’avoir été trop sévère. Je me dis, qu’au final, la soirée était belle, et que nous avons eu la chance de voir dans les cieux de belles lumières. Que de simplement cela, d’être là, en bord de mer à regarder le ciel s’illuminer, j’aurai du me satisfaire…

Nice, je pense à toi. Niçois, je pense à vous. 
A tous mes amis, collègues sur place, j’espère que tout le monde va bien, que votre entourage va bien. 
Certains d’entre vous ne se sont toujours pas manifestés, et je reste en alerte…S’il vous plait, faites-moi signe le plus vite possible.

🇫🇷 <3 Nissa. »

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