BLOODLINE : LA SÉRIE À NE SURTOUT PAS MANQUER.

Alors que le monde entier est surexcité par la reprise de la palpitante Game Of Throne (dont je ne loupe pas un épisode), je voudrais en profiter pour vous parler d’une autre série américaine qui vaut absolument le détour.

Il s’agit de BLOODLINE, dont la première saison a été diffusée l’an passé sur Netflix (une bonne chose pour ceux qui aiment s’adonner au Binge-watching, puisque tous les épisodes sont disponibles en même temps). A l’occasion de la saison 2, qui est annoncée pour le 27 mai prochain, j’avais vraiment envie de vous parler de cette série excitante et brillante à souhait.

Petit résumé :
A première vue, la famille Rayburn est une famille normale, respectée par les locaux, et à la bonne réputation. Plutôt à l’aise financièrement, les parents Robert et Sally, sont propriétaires d’un magnifique hôtel sur une ile paradisiaque des Keys en Floride; où bien évidemment, on rêverait de pouvoir se rendre.
Leurs enfants, une belle fratrie que l’on pense au début être composée d’une soeur et de deux frères,  s’entendent à merveille, et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais, comme toutes les familles, les Rayburn ont des souvenirs douloureux refoulés, des secrets cachés, une part de vie un peu plus sombre. Et, lorsque que le quatrième enfant de la famille, le troisième frère réapparait à l’occasion de l’anniversaire des 45 ans de l’hôtel, on sent alors immédiatement que l’ambiance s’apprête à changer. Après une longue absence, l’aîné de la famille a décidé de retrouver les siens. C’est ainsi que subitement, la joie de l’événement célébré laisse place à la crispation de certain protagonistes : le passé que l’on voudrait oublier, apparemment intimement lié à Danny, refait alors surface brutalement. On comprend alors que les drames vont certainement s’enchaîner, les non-dits chambouler l’entente familiale, et les secrets bientôt dévoilés dangereusement défier l’unité de la fratrie.
« Sometimes – you know something’s coming. You feel it – in the air. In your gut. You don’t sleep at night. A voice in your head’s telling you, something is gonna go terribly wrong, and there’s nothing you can do to stop it. That’s how it felt when my brother came home.  » confie John Rayburn dans le trailer de la saison 1

Bloodline est à mon sens une série excellente, qui nous hypnotise immédiatement. Un drame familial bien produit, servit par une somptueuse photo, les magnifiques paysages de Floride…mais aussi et surtout, surtout par un parfait casting cinq étoiles.
La série réunit une mêlée d’acteurs brillants, qu’on ne voit d’ailleurs à mon goût que trop rarement sur les écrans. Et ce qui est réjouissant, c’est que chacun y trouve sa place. Chaque personnage a son identité, ses mystères, sa part d’ombre, et ses doutes. A priori, chez les Rayburn, on n’est jamais réellement ce que l’on parait être. Du moins, jusqu’à ce que l’on se sente en danger ou menacé.

Même si deux acteurs sortent largement du lot, on ne peut qu’être transporté face à la qualité de jeu de l’ensemble du casting.
Personnellement, mon coup de coeur va à Kyle Chandler, qui interprète le second fils exemplaire, John Rayburn, détective local. C’est l’un de mes acteurs favoris, que l’on voit trop souvent dans des seconds rôles et malheureusement trop peu en tête d’affiche. Pour ceux de ma génération, vous vous souviendrez certainement de la série Demain à la une, diffusée entre 1996 et 2000, dans laquelle Chandler a réellement fait ses débuts sur le petit écran. Par la suite, il fut aussi le coach Taylor de la série très réputée Friday Night Lights, entre 2006 et 2011.
Mais comme le bon vin, Kyle Chandler n’a cessé de se bonifier avec le temps ; sa maturité n’a fait que le rendre plus performant et intriguant. Lors des derniers Emmy Awards, sa performance a d’ailleurs été saluée puisqu’il fut nommé dans la catégorie Meilleur acteur dans une série dramatique. Au cinéma, on commence enfin à le retrouver aussi de plus en plus ( Argo, Zero Dark Thirty, Le Loup de Wall Street, Carol…) C’est aussi, le genre d’acteur qui se distingue par son charme discret et mystérieux, que j’adore.
Tout aussi épatant, et sans doute encore plus fascinant, Ben Mendelssohn excelle dans le rôle de Danny, l’aîné qui vient fragiliser l’équilibre familial. Mendelssohn délivre une performance remarquable, que les critiques ont d’ailleurs encensée. Il a d’ailleurs lui aussi également été nommé aux dernières cérémonies des Emmy Awards et des Golden Globes en tant que meilleur acteur dans un second rôle pour une série. Vraiment mérité, tant son jeu est exaltant, toujours en ambivalence. Son personnage en devient presque parfois insaisissable. On l’aime et on le craint à la fois, on ne sait jamais au fond ce qu’il pense réellement, de quel côté il va finir par se ranger ; une combinaison parfaite pour adhérer avec passion et tension au personnage.

Mention spéciale également pour la belle Linda Cardellini, qui prête ses traits à Meg Rayburn, avocate, avec perfection. Pour ceux à qui ce nom ne dirait peut-être rien, vous réussirez à remettre un visage sur un nom si je vous dis que Cardellini a longtemps joué l’infirmière tourmentée Samantha Taggart dans Urgences, ou Lindsay Weir dans la cultissime série Freaks and Geeks le temps d’une saison. De la même façon que son camarade de jeu Chandler, je trouve que cette actrice est trop peu sollicitée au cinéma; même si récemment on a pu l’apercevoir dans Avengers : l’ère d’Ultron, dans lequel elle campait un tout petit rôle, celui de la femme de Hawkeyes.

C’est vrai, Bloodline démarre lentement. Mais il faut patienter, persister, et passer les trois premières heures. Car plus les épisodes avancent et plus la tension monte. La beauté de la Floride, la réalisation, le scénario brillant, s’ajoutent à tous les notes positives déjà citées précédemment. Dans ces îles, il fait moite. Comme le sont l’ambiance et les corps à mesure que l’intrigue avance.
Bloodline fait partie de ces séries qui nous annoncent dès le premier épisode la chute de l’histoire. Dès les premières minutes, les scénaristes on décidé de nous confronter au drame qui clôturera la saison. Les épisodes sont donc entrecoupés de flashbacks et de flash-forwards. Un choix intéressant, qui permet au téléspectateur d’observer l’évolution des personnages, de comprendre leurs dilemmes, d’assimiler leurs ambiguïtés et de découvrir comment tous les événements vécus ont amené nos protagonistes à agir comme ils le font à la fin.
« I always thought the greatest thing happened to me was being born a Rayburn. Now I’m not so sure. I’m going to tell you everything. It’s not very pleasant, but it’s the truth. «   (John Rayburn).

Au cours des 13 épisodes qui composent la saison 1, les rancoeurs familiales se dévoilent les unes après les autres. Peu à peu, la famille faiblit, se divise. Danny est revenu ; pour le meilleur ou pour le pire, on ne sait que trop dire. Quand John, le bon fils, veut lui donner sa chance, Meg et son deuxième frère, Kevin, sont quant à eux beaucoup plus réservés, méfiants.
Et tout comme leurs enfants, les parents Rayburn semblent ne pas vivre le retour de leur ainé avec le même enthousiasme.
Sally, la mère protectrice (interprétée par Sissy Spacek), qui tient à ses enfants plus que tout au monde semble vouloir ignorer le passé, les conflits, et essayer à tout prix de réinsérer Danny dans le quotidien familial.
Les flashbacks, qui nous permettent de découvrir les grandes blessures du passé, nous aident à comprendre pourquoi Danny s’est éloigné des siens, mais aussi pourquoi son père Robert ( joué par Monsieur Sam Shepard), a tant de difficulté à communiquer avec ce fils mal aimé.

Enfin, il ne faut pas oublier de souligner qu’en deuxième trame de ce drame familial, se déroule une enquête policière, menée par John. Sans ne rien dévoiler, on peut tout de même dire qu’évidemment, la vie des Rayburn va un moment ou un autre se retrouver mêler à l’enquête.

Dans Bloodline, les événements s’enchaînent, souvent sous de mauvais augures, et c’est alors qu’on prend son pied devant le jeu des acteurs ; à mesure que leur petit quotidien tranquille bascule, et qu’on les observe être décontenancés, paniqués, bouleversés, douter. Et ces personnages, ces frères et soeurs, on est arrivé à tant les aimer, tous, qu’il nous est devenu quasi impossible de les juger.
Au bout de 13 épisodes, la saison se finit sur un surprenant cliffhanger, qui nous laisse  nous  interroger sur comment va bien pouvoir s’articuler la saison 2. C’est un choix scénaristique risqué, mais j’espère vraiment que la saison qui arrive saura être à la hauteur de la première, sinon même meilleure.

Alors pour finir, faites-moi confiance, vous ne pourrez que devenir accro à Bloodline. Ce n’est autre qu’un petit chef d’oeuvre, l’une des meilleures séries de l’an passé, dont j’aurai aimé qu’on entende plus parler.
Il me tarde donc vraiment d’être au 27 mai prochain pour découvrir la saison 2!

Trailer de la saison 1.

Spoiler alerte! Trailer de la saison 2.

M.

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