THE GOOD THE BAD : LE SON A L'ETAT PUR

ARCHIVES – PRÉ COMMUNE PRÉSENCE.

A l’écoute de leur premier album, on les penserait tout droit venus de la chaude et impétueuse Californie. Un leurre certainement pardonné par ces danois, dont les influences multiples lorgnent bien du côté du grand Ouest. Véritables alchimistes, les garçons de The Good The Bad nous font voyager sans forcer des plages bondées du Pacifique aux déserts rouges et arides du Far West.
Avec « From 001 to 017 », ce trio apporte sur l’Europe un son moite et décomplexé, tantôt jouissif, tantôt crasseux. Courageux, c’est avec un premier ablum purement instrumental qu’ils font leur entrée sur la scène du rock surfing à coups de riffs explosifs. Fans de westerns déjantés, sortez vos Stetsons car vous devriez apprécier. Ce que ces mecs là vous proposent, c’est une bande son pour un Leone sous acide.

Votre nom, « The Good, the Bad », une base assez commune à laquelle on ne peut s’empêcher de vouloir ajouter une suite… Quel mot pourriez-vous accoler s’il le fallait?
MANOJ RAMDAS (guitare baritone): and the ANGRY.

Et même si on peut en avoir une vague idée, d’où vient-il ?
ADAM OLSSON (guitare solo): Nous l’avons bien piqué au film The Good The Bad & The Ugly (Le Bon, la Brute et le Truand en français ndlr) si c’est ce que tu pensais. Parce que notre musique est totalement inspirée des images et des ambiances que Sergio Leone créait dans tous ses films.

Vous avez tous joué avec d’autres groupes connus avant cette nouvelle formation (Adam: Baby Woodrose et The Setting Son; Johan Lei Gellett: Baby Woodrose, Kira, The Kindred Spirits et Manoj Ramdas: The Raveonettes, SPEkTR). Comment en êtes-vous venus à créer ce groupe ?
ADAM : Je connaissais les deux autres déjà personnellement, et j’étais un grand fan de ce qu’ils faisaient en live. J’étais sûr qu’ensemble on pourrait donner quelque chose d’incroyable sur scène. Alors je leur ai soumi l’idée, et nous voilà.

Le groupe n’a pas de chanteur. C’est assez audacieux vous ne trouvez pas ?
ADAM : Je ne sais pas pourquoi tout le monde focalise sur le fait que nous n’en ayons pas. La plupart de la musique composée dans ce monde est créée sans aucun mot. Seule la musique dite mainstream et l’easy listening en ont besoin.  » Music is music « . Pourquoi la détruire avec des paroles qui ne pourront jamais être assez proches de ce que fait ressentir la musique à l’état pur?

MANOJ : J’ai grandi dans les années 70 avec les musiques de film d’horreur et d’espionnage, avec beaucoup de musique classique aussi. Ca ne me parait donc pas anormal en ce qui me concerne.

Mais n’est-ce pas parfois un peu frustrant de ne pas dire ou chanter ce que vous ressentez?
MANOJ : Pas le moins du monde. Et puis, tu peux entendre de la voix sous différentes formes sur certains morceaux (références aux orgasmes simulés sur « 030 » ou sur « 026 » par exemple ndlr), et il y en aura plus particulièrement sur notre deuxième album. Est-ce qu’un refrain ou un couplet chanté me manque ? Définitivement pas, et ça ne devrait pas te perturber non plus !

ADAM : Ceux qui pensent ne pouvoir exprimer leurs sentiments qu’à travers des mots devraient consulter un psy…

Certains de vos morceaux rappellent Eagles of Death Metal, d’autres comme « 011 » pourraient participer à la BO d’un Tarantino, d’autres encore comme « 026 » surpennent à faire penser à une rencontre entre les Beastie Boys de The Mix Up et les Red Hot Chili Peppers. Comment définiriez vous votre son au final ?
ADAM : Comme il est. Ca n’a pas de sens pour nous d’essayer de le définir. Parce que ça sonnera toujours différement dans les oreilles de chacun. Tu penses par exemple parfois aux Red Hot en nous écoutant et pourtant je peux t’assurer qu’on n’a pas perdu une seule seconde en pensant à eux en composant. Les références auxquelles pensent les gens en disent plus long sur eux que sur notre musique.

Alors justement, quelles sont vos influences ?
ADAM : Les années 60.

MANOJ : Les grands : Ennio Morricone, Henry Mancini, Quincy Jones, Bartok Stanislaw Lem, Philip K. Dick and RD Burman.

Comment se passe la composition ? Y a-t-il un leader dans le groupe ?
ADAM : Jusqu’à présent c’est moi qui compose.

Les critiques sont plutôt assez bonnes. L’unes d’elles dit même que vous étiez de loin le meilleur groupe du SXSW (South by Southwest, un festival de musique d’Austin ndlr) cette année. Est-ce que ça vous met la pression ?
ADAM : C’est ce que Wayne Kramer de MC5 a dit de nous. Ca ne met pas la pression, ça indique juste qu’il y a quelque chose d’authentique, de vrai dans ce que tu fais.

MANOJ : Pour moi c’est le contraire. Je ressens totalement la pression quand personne ne se rend compte de ce qu’on essaye d’accomplir. J’ai l’impression qu’on a fait l’objet de critiques plutôt justes qui nous donnent envie de faire encore mieux.

Comment vous sentez-vous quelques jours avant la sortie de votre premier album? (L’interview a été réalisée avant le 25 octobre)
ADAM : L’album est sorti sous forme de vinyle il y a trois ans, donc ce n’est pas totalement nouveau pour nous, mais c’est super qu’il soit enfin disponible pour le grand public.

MANOJ : Je me sens bien. La vie est belle. Je suis impatient de voir ce que les gens vont penser de l’album et j’ai hâte de voir si notre travail portera ses fruits.

Avec qui aimeriez-vous collaborer ?
MANOJ : Des tas de gens. Morricone pour la composition, Justice pour des remixes, Boredoms et Vengeais ! Ce serait un challenge intéressant pour nous!

ADAM : Jack White

J’ai eu l’occasion de rencontrer The Raveonettes au dernier festival Pantiero de Cannes. Les groupes danois ont le vent en poupe. Qu’apportent-ils de nouveau ?ADAM : L’intérêt pour les groupes danois s’est accru parce que la qualité de ce qu’ils produisent s’est amélioré ces 5-10 dernières années. Et on a pu progresser en qualité parce que le gouvernement danois a bien supporté la musique pour une fois ; peut-être que vous en voyez maintenant le résultat.

MANOJ : Je dirais qu’en ce qui nous concerne, on a une vision légèrement differente de la manière dont le rock  » old school  » devrait être joué et sonner en 2010. Nos concerts ont tendance à être très euphorisant et dégagent une énergie très positive.

Pourquoi avoir choisi de ne pas donner de titre à vos morceaux ?
ADAM : Elles en ont en fait. Sous forme de chiffres. ‘017’ est un titre à part entière. Juste parce qu’il n’y a pas de mots, tu penses qu’il n’y a pas de titres. Mais si nous mettons des mots sur notre musique, nous dirigeons les gens vers une idée précise. Alors que sans mots, le public fait sa propre expérience du morceau et fait travailler sa propre imagination.

Le lieu parfait pour écouter votre album ?
ADAM : Dans le désert.

Good : votre plus grande qualité ?
ADAM : L’authenticité.

Bad : votre plus grand péché ?
MANOJ : Délaisser la religion et la spiritualié pour intégrer le cirque du rock’n’roll.

Connaissez-vous et aimez-vous des artistes français ?
ADAM : Brigitte Bardot

MANOJ : Justice et Fat32 ! J’ai passé quelques bons moments avec ce groupe il y a deux mois. Ce sont de bons gars et ils jouent merveilleusement bien avec des tas de synthés et de pédales qu’ils ont eux-mêmes bricolés. Ils utilisent aussi beaucoup d’effets et de samples. C’est très inspirant!

M.

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