30 ANS : CE N'EST PAS SI FACILE.

Premier post, et donc, première appréhension, premières peurs et premiers doutes.
L’appréhension d’écrire de nouveau après une pause bien trop longue, la peur de ne pas être à la hauteur, d’avoir perdu en style, de ne pas réussir à fidéliser le lecteur, et enfin le doute, quant au sujet choisi pour débuter cette nouvelle aventure. L’expérience est à la fois excitante et effrayante.

A l’époque de mon premier blog en 2009, je ne me souviens pas avoir ressenti un mélange aussi détonnant de sentiments. Je m’étais un peu jeté dans la gueule du loup, motivée et passionnée par une idée, consciente que ce que je proposais restait très brouillon et serait sans doute très très peu lu, mais je n’avais bizarrement pas de pression quant aux retours. Peut-être parce que pour ce projet (New Release) j’étais la plupart du temps entouré d’une équipe, d’amis, de bénévoles, aussi heureux de participer à l’aventure que moi. Et puis, c’était surtout un projet éphémère, qui nous permettait de nous rassembler autour de mêmes passions, mais qui n’avait aucun but de reconnaissance professionnelle. Nous voulions avant tout vivre, nous amuser, l’écrire et le partager.

Aujourd’hui, avec Commune Présence, je me retrouve pour la première fois réellement seule aux manettes. Et depuis 2009, la blogosphère a tellement évolué. On trouve de tout sur tout.
Mais on peut surtout découvrir et lire de vraies belles choses. Alors certes, il y a les blogs qui cartonnent, qui sont devenus des références immédiates, et qui ont fait de leur créatrice ou auteurs de vrais vedettes sur le net. Pas un post sans des centaines de commentaires enthousiasmés.
C’est un petit aspect avec lequel j’ai parfois du mal d’ailleurs, je dois l’avouer. Attention, je trouve cela extraordinaire que l’on puisse réussir à fédérer autant de lectrices, (et c’est ce que j’espère faire ici bien sûr), mais je reste parfois un peu crédule devant certains commentaires exagérément extasiés et euphoriques que peut provoquer par exemple une simple photo d’écharpe.
Les blogueuses modes en particulier sont devenues de vraies icônes, de vraies modèles pour leur fans. C’est un phénomène qui m’a souvent fasciné, une étude à part entière! Je me demande comment elles arrivent à gérer leur succès, et si elles sont toujours aussi motivées qu’à leur début. C’est assez épatant de voir la réussite de certaines blogueuses.

Et puis, dans cette immense blogosphère, il existe aussi de vraies pépites, beaucoup plus discrètes, tout en charme, qu’on n’aurait même pas envie de partager, égoïstement, tellement on s’y retrouve, tant elles nous touchent, tant elles nous sont inspirantes. 
Alors voilà, je vous parlais d’appréhension, de peurs, de doutes, mais vous l’aurez peut-être compris, ce qui me préoccupe au fond, et c’est bien bête et juste le signe d’un manque de confiance en soi, c’est de paraître « illégitime ». C’est difficile de ne pas se dire qu’on est juste entrain de créer « encore un nouveau blog », alors qu’il y en a déjà tellement ! « Et pour quoi faire ? »
  « Et pour dire quoi ? »
Comme je l’explique brièvement dans ma présentation, Commune Présence n’arrive pas par hasard dans ma vie. C’est un projet qui me tient à cœur, qui me trottait finalement dans la tête depuis longtemps, et qui a juste fini par voir le jour et trouver sa place naturellement, nécessairement, au parfait carrefour d’un parcours jusque là bien trop sinueux. 
Et donc, après une introduction bien trop longue, nous approchons du sujet…

Quand j’ai commencé mes études de journalisme, mon projet semblait être le bon : je voulais écrire, créer ou participer à un magazine culturel.
Dix ans plus tard, je ne suis évidemment toujours pas rédactrice en chef et le monde de la presse a depuis bien changé.
A 20 ans, je distinguais deux catégories de personnes  : celles qui avaient toujours su ce qu’elles voudraient faire plus tard, qui avaient de l’ambition avouée, voire un projet de carrière déjà bien tracé ; et puis celles, qui un peu comme moi, muées par diverses passions, se disaient un peu naïvement que la vie ferait toujours bien les choses…
Après tout, si j’avais eu la chance de réussir le concours de l’école, c’est que je devais être au fond sur le bon chemin, et que le destin aller forcément continuer à me guider sur les bonnes routes… Hum…

Arrivée à 30 ans, on se souvient d’avoir souvent lu et entendu qu’on devait enfin avoir atteint « le plus bel âge »
. La vie devrait nous sourire, on devrait l’embrasser, la croquer à pleine dent. Etre fières de notre indépendance et de nos ambitions, se sentir mieux dans sa tête et dans son corps, se défaire de nos complexes… N’est-ce pas, d’ailleurs, ce qu’appuyaient les mots de vos amies sur votre carte d’anniversaire  : « Happy birthday ! La trentaine, les meilleures années sont devant toi ! » 
Sans compter ces femmes qui jurent qu’elles ne troqueraient pas leur 30 ans contre un nouveau 20 ans. Comme si la trentaine signait le point de départ d’un épanouissement à la fois naturel et dopant, une source d’inspirations et d’accomplissements inépuisable, qu’il serait anormal de ne pas connaître. Comme si la nostalgie devait désormais figurer au ban des émotions honteuses et répréhensibles, car frein au bonheur.

Voilà pourquoi, avec du recul, on vient à se demander  : « Est-ce une blague ? Ou bien encore une façon d’essayer de nous dissimuler la possibilité d’une autre vérité ? » Parce que la trentaine tranquille comme on nous la vend ou nous la souhaite, je ne sais pas vous, mais pour ma part, j’ai pour l’instant plutôt eu l’impression de participer à un parcours du combattant au cœur d’un labyrinthe. Une succession d’épreuves qui auraient pour but de repousser mes limites, un défi permanent qui permettrait d’évaluer à la fois mon endurance physique et mentale, et qui déterminerait si oui ou non je suis apte à la réussite !

Celles ou ceux qui savent de quoi je parle, se souviennent certainement de ce fameux jour. Celui que l’on n’oublie pas, celui où l’on a tout de suite senti que le réveil n’était pas le même.
 Ce fameux jour où en te regardant dans la glace tu t’es senti(e) pour la première fois vieux ou vieille, ce fameux jour où t’es surpris(e) à tout remettre en question, ce fameux jour où enfin, tu t’es posé LA question qui tue  : « Mais qu’est-ce que j’ai réellement envie de faire de ma vie? » Aie, aie, aie…

Ouvrez les bras, et accueillez la, elle est arrivée, elle est bien là, Mesdames, Messieurs  : la crise de la trentaine!
Alors, jusque là, c’est vrai, vous en aviez vaguement entendu parler, mais la jugiez plutôt comme un tourment qui n’arriverait qu’aux autres. Car dans ce monde où les magazines féminins comme masculins ne célèbrent plus que la perfection et l’idéal, dans cette société où il est si facile d’accéder aux récits des vies parfaites d’inconnus sur les réseaux sociaux, vous en étiez presque arrivé à croire que tout ça c’était la vie réelle. C’est le moment où vous comprenez que quelque part dans votre tête, vous vous étiez en fait jusque là conditionné, sans vous l’avouer (votre pseudo côté rebelle ou anticonformiste certainement), à devenir cet adulte moderne et exemplaire à qui tout réussirait.

Mais sans crier gare, voilà que la crise de la trentaine frappe sans prévenir et frappe fort. Déposant devant votre porte tout un catalogue de bilans plus déstabilisants les uns que les autres. A mesure du temps, cette remise en question qui se met en place (qui vous croque le cerveau), devient plus pesante que tous vos problèmes cumulés. Le cerveau, si vaste, étouffé par une obsédante pensée : que faire de ma vie ? Vous suffoquez alors avec lui.

C’est alors que démarre la phase deux de ce processus joyeux, quand se développe vicieusement un masochisme insensé qui vous force à vous comparer à la moindre lueur de succès. 
Vous savez, celle qui vous pousse à penser que vous êtes moins doué(e) / épanoui(e) / chanceux-se / que tous vos amis, parce que vous n’avez pas, comme eux, créer votre boîte /acheté une maison / la bague au doigt / fait un enfant… C’est généralement le moment où on se demande à quel endroit du chemin le GPS nous a lâché…

Et puis, il y a le temps, qui ne nous fait pas de cadeau, et qui nous rappelle un peu plus chaque jour qu’il va falloir vite vite se décider. Plus le temps de chialer et de s’apitoyer, il faut retrousser ses manches et, prendre des décisions.
Alors à 20 ans, quand tu décides de partir à l’étranger pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs, tu ne te poses pas trop la question des incidences que cette expatriation aura sur ta vie ; quand tu décides de te reconvertir dans tes études, tu le fais parce que tu en as encore le temps. Mais à 30  ans ? Le monde crie que tu n’as plus le droit à l’erreur. Ton esprit décide que tu n’as plus le choix. La vie s’est accélérée sans que tu t’en aperçoives. Et aujourd’hui, tu dois prendre les décisions les plus importantes de ta vie ; celles qui vont construire les fondations de… la stabilité! Et oui, ne te mens plus à toi-même, tu as beau te croire un peu rebelle et toujours aussi jeune , c’est bien après elle que tu cours.
Enfin, il y a l’entourage. « Tu n’as pas envie de te poser ? » , «Il faudrait commencer à construire, non ? », « Vous avez mis de l’argent de côté ? » Au secours! Je n’arrive plus à respirer!
Alors, oui bichette, la vie demande parfois d’être un peu mieux scénarisée que tes rêves, et désormais, tes choix, tes décisions, s’imbriquent entre eux, et doivent aussi prendre en compte l’être cher. A qui tu ne peux pas tout demander, ou tout imposer. En plus de tes choix, il va aussi falloir faire… des concessions.

Tant bien que mal, tu essayes de ne pas paniquer, de relativiser, de résumer, de savoir où tu en es, mais malgré toi, c’est le drame. « Mais, mais…comment font les autres ? » Retentit alors sournoisement dans ta tête cette petite phrase  : « Mais pourquoi eux et pas nous ? »
Et bien ma chérie, parce qu’il va falloir te faire tout bonnement une raison. Et te faire à l’idée que pour avancer, il va falloir accepter. Accepter que tu as pu échouer, accepter que tu as besoin de plus de temps, accepter qu’on ne part pas tous avec les mêmes avantages, les mêmes bagages. Accepter qu’il te faudra redoubler d’efforts, de volonté. Accepter que la vie ne t’épargnera pas comme tu l’avais pensé. Accepter de se faire confiance, accepter de repartir à zéro. Arrêter d’avoir honte, arrêter de culpabiliser !
Arrêter de se poser trop de questions, oser prendre des risques, et foncer.

C’est ainsi qu’à la suite d’une longue réflexion, d’une grande remise en question, j’ai fini par décider de ne plus avoir peur, de ne plus culpabiliser, et de m’octroyer le droit de me faire plaisir en démarrant ce nouveau blog. C’est aussi grâce à ce travail, que j’ai fini par enfin sentir, comprendre et validé avec positivisme et motivation ce que j’avais envie de faire. Et grâce à tous ces efforts et aux encouragements de mes proches, je me permets enfin de foncer, de ne plus avoir peur, et de m’autoriser le bonheur. Aujourd’hui, je me permets. Grâce au temps qui a fait son travail, grâce à l’amour que j’ai reçu, j’ai décidé de me lancer pour de bon, à fond, dans une autre de mes passions : la photo. Les mois qui viennent vont m’offrir l’opportunité d’être accompagnée dans ce projet de A à Z. Bien qu’ayant déjà des bases et des connaissances, j’ai hâte d’apprendre, de me perfectionner, et de pouvoir être capable et heureuse au bout du compte de pouvoir partager mon expérience et mon travail.

A tous ceux ou celles qui peuvent se sentir un peu perdu(e)s sur le chemin, je veux dire qu’il ne faut pas se décourager, ne pas se sous estimer, et ne pas baisser les bras. Arrêtez également de vous comparer aux autres. Avec de la conviction, chacun peut réussir à se trouver.

Et comme l’écrivait la romancière George Eliot : «Il n’est jamais trop tard pour devenir qui tu aurais pu être.»

M.

0 Comments

  1. Ton commentaire sur le blog de Lili Barbery m’a touchée 🙂
    Alors, je suis venue faire un petit tour par ici et je crois bien que c’est le début de quelque chose.
    Parce que ton histoire est jolie, ta démarche intéressante et ta plume agréable.
    A bientôt 🙂

    • Bonjour Mila,
      Ton commentaire me touche beaucoup, je t’en remercie.
      Commune Présence n’est qu’au début de sa vie, j’espère pouvoir y proposer rapidement ce qui me plaît plus que tout : des coups de coeur, de belles rencontres, et partager tout cela avec vous.
      As-tu un blog également ?
      Je te souhaite une belle soirée, et n’hésite pas à venir faire un petit tour de temps en temps.

      • Je n’y manquerai pas 😉
        J’aime bien l’idée de suivre l’évolution de ton projet, de le découvrir à ses débuts.
        Je compte moi aussi me lancer dans cette aventure et ce que j’ai en tête va dans le même sens que toi. Pour moi, le blogging est fait pour partager de jolies choses et établir un échange constructif avec des personnes qui ont une sensibilité commune. Bonne soirée Marine 🙂

  2. Mandarine

    « Et puis, dans cette immense blogosphère, il existe aussi de vraies pépites, beaucoup plus discrètes, tout en charme, qu’on n’aurait même pas envie de partager, égoïstement, tellement on s’y retrouve, tant elles nous touchent, tant elles nous sont inspirantes… »

    Je ne cite que l’auteur… 😉 mais voila, c’est le sentiment que m’a inspiré ton joli texte et dans lequel chacune y retrouvera un petit bout de soi je pense.

    • Merci ma belle Coco! Ton soutien me touche beaucoup!
      Je continue de mon côté à admirer tes beaux portraits sur bois, toujours aussi douée!
      Xxx

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